La gestion désastreuse de Vertières, le lieu où la liberté est née le 18 novembre 1803 au prix du sang d'anciens esclaves noirs et au prix du sang de nos Ancêtres.
Situé dans la commune du Cap-Haïtien, deuxième ville d'Haïti, le site historique de Vertières est l'endroit où s'est déroulée, le 18 novembre 1803, la dernière bataille qui a opposé les troupes françaises, commandées par le général Donatien-Marie-Joseph de Rochambeau, et l'armée indigène de Saint-Domingue, commandée par le général Jean-Jacques Dessalines. À la fin de cette bataille, la victoire de l'armée indigène étant reconnue, Rochambeau sera contraint de quitter Saint-Domingue qui redeviendra Hayti, Première République Noire des temps modernes.
Construit sous la Gouvernance de Son Excellence, le Général de Division Paul Eugène Magloire, en 1953, en Hommage et à la Gloire de Six Héros Noirs de la Guerre de l'Indépendance haïtienne dont quatre hommes et deux femmes, le monument de Vertières est classé Patrimoine National par le décret-loi du 23 août 1995 et est sous la responsabilité de l'Institut de Sauvegarde du Patrimoine National (ISPAN).
Depuis l'arrivée des acheteurs informels de débris de pièces de fer, de fonte, d’acier et d’autres objets métalliques à Cap-Haïtien en 2010, on enregistre à Vertières des vols systématiques et réguliers des pièces importantes des Héros de Vertières dont leurs épées et l'Institut de Sauvegarde du Patrimoine National (ISPAN) n'a rien fait pour corriger cette situation dégradante.
Nous pensons qu'il est urgent aujourd'hui de rappeller la Fascinante Histoire de la Grande Bataille de Vertières et d'appeler les autorités du pays à reconsidérer la gestion de ce haut lieu de mémoire qui est catastrophique.
En effet, le 18 novembre 1803, le général en chef de l'armée indigène, Jean-Jacques Dessalines, donne l'ordre aux autres généraux indigènes dont François Cappoix, de prendre le fort de Vertières au Cap. La demi-brigade de Cappoix est partiellement décimée, et un nouvel assaut est relancé; ses hommes sont neutralisés par les français au pied de la colline, mais il appelle aux renforts.
Pour la troisième fois, le général noir lance ses forces à l'assaut de Vertières, mais en vain. Lors du quatrième assaut, il demande à ses soldats de le suivre en criant "En avant! En avant!". Son cheval est touché par un boulet de canon, il est tombé, mais se relève et crie à nouveau "En avant! En avant!". Son bonnet garni de plumes est emporté par un boulet. Stupéfait, le général français, Rochambeau, fait cesser la bataille et charge son messager personnel d'exprimer ses compliments au général noir, Cappoix Lamort.
Suite aux renforts envoyés par Dessalines sous les ordres de Gabart, de Clervaux et de Jean-Philippe Daut, deux tiers des soldats français sont morts ou blessés; 18 novembre 1803, c'est l'acte final de la guerre de l'indépendance. La bataille dure 11 heures. Elle commence à six heures du matin et se termine à cinq heures du soir par un orage providentiel.
Le 19 novembre 1803, un officier français se rend au quartier général de l'armée indigène sur un cheval. Son message est incroyable: "Le capitaine-général Rochambeau offre ce cheval comme une marque d'admiration pour l'Achille noir pour remplacer celui que l'armée française regrette d'avoir tué".
À la suite d'une entente avec le général en chef de l'armée indigène, Jean-Jacques Dessalines, un accord est signé entre les deux armées haïtienne et française. Le général français, Rochambeau, obtient 10 jours pour évacuer le fort de Vertières, embarquer les restes de son armée et quitter Saint-Domingue par le port du Cap, l'actuel Cap-Haïtien, deuxième ville du pays. Les troupes françaises évacuent le fort de Vertières, Cappoix devient le Héros de la plus grande bataille menée et gagnée par des esclaves noirs contre la plus grande armée colonialiste et esclavagiste de l'époque.
Mais, qu'est-ce qui s'est vraiment passé à Vertières le soir du 18 novembre?
Dans "l'armée indigène, la défaite de Napoléon", l'historien Jean-Pierre Le Glaunec décrit ce qui s'est passé à Vertières: il s'est passé à Vertières quelque chose d'inpensable. La plus belle colonie française, la plus belle colonie du monde atlantique, s'effondre, et il n'y aura plus jamais de l'esclvage à Saint-Domingue ou en Haïti. C'est un moment très important pour l'histoire d'Haïti, pour l'histoire de France et pour l'histoire du monde moderne, croit-il.
"Ce qui s'est passé ce soir-là c'est toute l'idée esclavagiste, le dogme de la race, l'idée d'esclavage racial qui est battue en brèche par des hommes et des femmes qui ne doivent pas être citoyens, selon les généraux français, parce qu'ils sont considérés comme des bêtes, comme des objets par le code noir. Ce qui triomphe le 18 novembre 1803, c'est le droit à la vie, le droit à la liberté et le droit à la citoyenneté au terme d'une résistance héroïque."
Le 18 novembre 1803, c'est la défaite impensable de Napoléon Bonaparte par des anciens esclaves, c'est la chute de l'ordre mondial esclavagiste et colonialiste sur la terre d'Haïti; c'est la création de la Première République Noire du monde moderne. Ce soir-là, les esclaves deviennent des maîtres et les maîtres deviennent des esclaves. Et la déception de Napoléon Bonaparte est telle, que le mot Vertières sera interdit et l'histoire de cette bataille ne sera pas enseignée aux Français.
Pour études complémentaires, PROFILE AYITI vous recommande "Ce qui s'est vraiment passé à Vertières. Histoire interdite, Charles Philippe BERNOVILE, 2019; Haïti, her history and her detractors, Jacques Nicolas Leger, 1907; L'armée indigène, la défaite de Napoléon, Jean-Pierre Le Glaunec."
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M. Charles Philippe BERNOVILLE
Président et directeur des recherches.
Vertières: la gestion désastreuse du lieu où la liberté est née!
février 12, 2021
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